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Expertises

Qu’est-ce que l’hyperconvergence, pourquoi devriez-vous la considérer?

hyperconvergence

L’hyperconvergence ou Hyper-Converged Infrastructure (HCI) en anglais n’est pas nouveau. En fait, il s’agit d’une évolution principalement logicielle de ce que Google a implanté dans ces propres centres de données à la fin du précédent millénaire. À l’époque, l’approche de Google était à contre-courant des principaux ténors technologiques en vogue dans les grands centres de données.  Alors que se côtoyaient SAN et Mainframe, Google a fait le choix d’utiliser plusieurs unités de calculs accompagnées de son storage propre. Le tout interconnecté en grappes offrant facilité, rapidité et évolutivité dans leur déploiement; la convergence est née.

Google Circa de 1998, un des premiers systèmes convergé

Il aura fallu attendre près de 15 ans de maturation des solutions de virtualisation pour que l’industrie propose en 2012 sa première offre d’hyperconvergence.

L’infrastructure hyperconvergée reprend essentiellement là où la virtualisation s’est arrêtée. L’approche est toute logicielle. L’hyperconvergence est constituée de plusieurs serveurs configurés en cluster. Le stockage et le réseautage sont considérés comme un service à fournir à la couche de virtualisation ou applicative. Comme dans le nuage public, tout est résumé derrière une console de gestion cohérente et administré comme une seule unité. Ce qui était auparavant des produits séparés ne fait qu’un au niveau opérationnel maintenant.

La différence entre une implantation standard et hyperconvergée

Afin de mieux schématiser la différence entre une implémentation standard et hyperconvergée nous allons prendre un exemple: supposons qu’une entreprise implémente la virtualisation de serveurs ou de postes de travail. Dans une architecture non convergée, les serveurs physiques exécutent un hyperviseur de virtualisation, qui gère ensuite chacune des machines virtuelles créées sur ce serveur. Le stockage des données pour ces machines physiques et virtuelles est assuré par un stockage DAS (Direct Attached Storage), un stockage NAS (Network Attached Storage) ou un réseau SAN (Storage Area Network).

Les fonctions

Dans l’infrastructure hyperconvergée, la fonction de contrôleur de stockage s’exécute en tant que service logiciel sur chaque nœud du cluster. Ce contrôleur logique de stockage, qui fait normalement partie du contrôleur SAN, devient un service logiciel associé à chaque machine virtuelle au niveau de l’hyperviseur. Le stockage défini par logiciel prend l’ensemble du stockage local du cluster et le configure en tant que pool de stockage unique. Le service de stockage assure non seulement la haute disponibilité des données au travers du cluster, mais aussi l’optimisation de celles-ci. Il conserve localement les données nécessitant un accès rapide et fréquent et au besoin stockant les données moins fréquemment utilisées sur l’un des autres serveurs du cluster disposant d’espace non utilisé. D’une manière similaire, la couche réseau est exécutée par un service logiciel sur l’ensemble des nœuds et le tout est géré centralement par une console de gestion.

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Un centre de données bâtit autour d’une architecture hyperconvergée tant à avoir une complexité moindre. C’est grâce à l’intégration du serveur, du stockage, de la couche réseau et de la virtualisation. Moins de pièces mobiles sont requises, simplifiant non seulement le déploiement initial, mais aussi la croissance. Un système hyperconvergé permet l’ajout subséquent de nœuds au cluster initial afin de supporter la croissance du centre de données. Chaque ajout de nœud augmente les capacités globales du Cluster HCI en termes d’unité de calcul, de stockage et réseau.

Une offre logiciel non matérielle

Le point central des offres hyperconvergées n’est pas tant la quincaillerie physique que la puissance de l’écosystème logiciel qui la compose (l’hyperconvergence se définissant avant tout comme une offre logiciel et non matérielle). L’industrie propose une intégration logicielle riche en fonctionnalités qui se peaufine très rapidement au fils des mises à jour.  L’intégration étroite du matériel, de l’hyperviseur et de la console de gestion permet une planification et un provisionnement beaucoup plus facile de l’infrastructure. Le résultat est un environnement radicalement plus simple qui, en termes de facilité de gestion, s’approche des différentes offres infonuagiques publiques.

L’hyperconvergence offre donc le meilleur de l’expérience en nuage public. Le dimensionnement initial correspondant au besoin actuel, croissance incrémentielle et évolutive, libre-service, orchestration et programmable sont des exemples. Cependant, avec les avantages d’une infrastructure sur site offrant une visibilité et un contrôle complet sur la sécurité, les performances et la gestion de l’infrastructure. Un autre avantage supplémentaire non négligeable est que lorsque vous regardez à long terme, à un déploiement égal, il est généralement moins coûteux de posséder les ressources matérielles dans votre centre de données que de les louer dans un nuage public.

La réorganisation des rôles au sein de l’entreprise

Cette simplicité et cette agilité qu’offre l’hyperconvergence peuvent aussi se refléter au sein des effectifs affectés à la gestion des centres de données.  Historiquement, les infrastructures informatiques traditionnelles étaient exploitées par des équipes techniques faisant partie de différents « silos ». Ses silos organisationnels comprenant architectes, experts en télécom, stockage, virtualisation, administration de systèmes et logiciels. L’adoption de l’hyperconvergence et de sa relative simplicité de gestion ne fera qu’accentuer la tendance déjà amorcée par la virtualisation. Tout cela pour réorganiser plusieurs rôles au niveau des équipes de gestion des infrastructures informatiques. Les implantations de solutions hyperconvergées tant à reproduire la facilité de gestion et déploiement des nuages publics sur leur propre matériel. Ainsi, la majorité des entreprises ne nécessiteraient plus une équipe de spécialistes dotées de compétences compartimentées uniques, mais une poignée de généralistes.

Les offres en hyperconvergence sont très variées, elles se ressemblent toutes, mais elles ne sont pas égales et quelque peu dénaturées par rapport à l’idée originale de Steve Chambers, ex-CTO de VCE, qui fut le premier à la définir dans une publication parue en 2012.

Conclusion

Aujourd’hui, chaque manufacturier entend prendre sa propre direction régie par sa stratégie marketing et les atouts uniques et exclusifs de ses plates-formes technologiques.

À propos de l’auteur

Éric Bélair, Conseiller en télécommunications

*Article paru dans le magazine Infotélécom #81